Gnawa et spiritualité aujourd’hui : transmission et réinvention
Est-ce que la gnawa est toujours vivante au XXIe siècle ? Plus que jamais. C’est un peu la musique des paradoxes : enracinée dans la douleur mais tournée vers la fête, sacrée et populaire tout à la fois.
La spiritualité gnawa s’exprime partout où la Diaspora marocaine s’installe. Des lilas sont organisées à Bruxelles, Marseille, New York, tissant la même chaleur de cercle, la même vibration collective. On a vu émerger des collectifs mixtes, des collaborations électroniques (Guedra Guedra, DJ Click), et de jeunes maâlems qui font entrer la gnawa dans les salles de concert, avec vidéo ou danse contemporaine. Preuve que le souffle originel trouve toujours de nouvelles résonances.
À écouter pour prolonger…
- Asmaa Hamzaoui & Bnat Timbouktou – “Marhaba” : un guembri féminin, vibrant.
- Oum – “Taragalte” : douceur et groove, sur un fil entre trad et future.
- Majid Bekkas – “Daymallah” : pour sentir l’apport du jazz et des tablas indiens.
Ce qui compte, ce n’est pas tant de connaître tous les codes. C’est d’embarquer dans cette pulsation, de se laisser traverser par la chaleur des voix, des peaux, des métaux. D’entendre, même sans comprendre, que la spiritualité gnawa n’est jamais coupée du rythme — et que le rythme, chez les Gnaouas, porte toujours au-delà du son.