Le highlife en mutation : Londres, Berlin, Paris
Tu croyais le highlife réservé à l’Afrique de l’Ouest ? Les capitales européennes s’en servent comme creuset pour les nouveaux sons.
1. Projekt AMPLIFY : les diasporas créent leur laboratoire
Depuis 2018, les ateliers Projekt AMPLIFY (Londres) réunissent musiciens ghanéens et producteurs anglais autour des rythmes highlife et afrobeats. Parmi eux : Yaw Owusu (curateur, BBC) et Maya Amolo (Kenya) qui font dialoguer garage, house et polyrythmie héritée du highlife (The Guardian, 2021). Les samples de guitare, les refrains en twi, tout est tressé en direct, comme un studio d’improvisation planétaire.
2. Ibibio Sound Machine : la chaleur nigériane version électro-funk
Direction le sud de Londres, studio de répétition d’Ibibio Sound Machine. Porté par Eno Williams, ce collectif distille un highlife mutant : guitares enjouées, synthés vintage, cuivres éclatants, refrains en Ibibio (langue du sud Nigeria) et groove surboosté. Leur album Doko Mien en 2019 a reçu des critiques unanimes (1er dans la playlist "World" de BBC Radio 6 Music, BBC).
Dès la première minute, c’est un bain de lumière et de sueur : on sent la chaleur des clubs de Lagos, mais aussi la pulsation électronique qui fait entrer le highlife dans la galaxie dance. Si tu aimes LCD Soundsystem ou Tony Allen, tu accrocheras tout de suite.
3. Ata Kak : le “lost tape” devenu tube mondial
Impossible de parler du nouveau highlife sans évoquer Ata Kak. Découvert par hasard par Awesome Tapes From Africa (label/blog), son album Obaa Sima était perdu depuis 1994. Quand il est reparu en 2015, la scène électro mondiale s’est emparée de cette voix déformée, ses batteries midi et sa vibe festive : c’est le highlife lo-fi, traversé d’accents house et hip-hop. Depuis, ses concerts font salle comble partout où il passe (Montreux Jazz Festival, Primavera Sound).