Petit voyage dans l’histoire : du Shrine de Fela aux studios américains
L’afrobeat, c’est avant tout le cri de Fela Kuti, flambeur du groove, militant, showman dévorant. Dans son club de Lagos, le Shrine, on improvisait autant qu’on dénonçait. Une section de cuivres incisive, des percussions en rafale, et ce fameux “clavinet” (clavier très présent dans le funk et le reggae).
Avec Tony Allen (son batteur magique), Fela crée un cocktail inédit : l’énergie brute du highlife ghanéen (musique populaire d’Afrique de l’Ouest), la polyrythmie yoruba (plusieurs rythmes superposés qui dialoguent), la chaleur cuivrée du jazz américain, le funk à la James Brown. Ça donne une transe, une sueur, une pulsation qui descend dans les jambes.
Dans les années 70, on se presse au Nigeria pour voir la bête de scène. Mais très vite, le message passe : New York, Londres, Paris... On samplera le Fela Political Statement partout. En 2022, la maison d’édition BMI (Broadcast Music, Inc.) recense plus de 320 samples de titres de Fela Kuti dans des morceaux occidentaux.
Pour s’immerger : “Water No Get Enemy” (Fela Kuti, 1975). On y entend toute la finesse rythmique.