La jeunesse maghrébine se frotte au siècle – chiffres et tendances
Ce n’est pas juste de la musique de “djeuns” : c’est la musique la plus écoutée aujourd’hui par celles et ceux de moins de 30 ans selon les chiffres Spotify Middle East [Source : Music in Africa]. Au Maroc, le hip-hop est depuis 2017 le style numéro un en streaming, talonné seulement par la pop internationale et le raï (d’après Yabiladi).
Les chiffres parlent :
- Au Maroc, le rap représente désormais 65 % des écoutes sur YouTube chez les moins de 25 ans (Le Matin, octobre 2023).
- En Algérie, sur TikTok, 7 des 10 sons les plus utilisés depuis 2021 viennent de rappeurs locaux.
- En Tunisie, Balti est l’artiste le plus streamé de tous genres confondus, devant les stars de la pop.
Pourquoi un tel boom ? D'abord, à cause du très jeune âge médian dans ces pays (27 ans au Maroc ; 28 en Algérie ; 32 en Tunisie, selon l’INED), ensuite, parce que ces artistes sont passés maîtres dans l’art du “DIY” (Do it yourself, tout faire soi-même), utilisant Instagram, Snapchat et YouTube comme radios alternatives.
À noter une explosion (au sens fort) du rap féminin : en 2023, le collectif marocain Women in Rap Maroc réunit une dizaine d’artistes pour une tournée soutenue par l’Institut français. On écoute aussi Sultana (Maroc), Trapelle (Tunisie), ou encore le duo algérien Amani x Sarra, qui bousculent codes et images.