Tradition, transmission, et le rôle des “griots”
Nulle part ailleurs le rôle de la percussion n’est aussi lié à la parole et à la mémoire collective. Les griots, ces poètes/conteurs/musiciens ambulants, font passer l’histoire du peuple à travers la musique, en martelant le rythme qui sert d’écrin aux récits (RFI Musique, 2021). Leur art ? Capter l’attention par des histoires “rappées” bien avant l’heure, posées sur la kora (harpe-luth), soutenues par de petites percussions comme le karignan (lame métallique frappée).
Et ici, impossible d’imaginer une fête, qu’elle soit sacrée ou profane, sans groupe de percussionnistes. Au Mali, lors des “soirées tam-tam”, les transmissions se font de main en main, et d’oreille à oreille – c’est une mémoire vivante, jamais figée (“Afrique sur Seine”, 2017).
Les rythmes qui traversent les frontières
La musique ouest-africaine ne s’arrête pas à la porte du village : le highlife ghanéen des années 50 naît précisément de la fusion batterie percussions traditionnelles et groove occidental (guitare, cuivres). Plus tard, des artistes comme Fela Kuti reprennent le battement inarrêtable du kalakuta (maison musicale de Lagos) pour faire du rythme une arme d’éveil politique. Des années plus tard, avec Burna Boy ou Angélique Kidjo (Bénin), on entend encore ce même appel qui secoue la pop mondiale (Forbes Afrique, 2019).