Petite histoire de la transmission : du village aux block parties de New York
Si les percussions ouest-africaines parlent à tout le monde, c’est aussi parce qu’elles ont voyagé. La Traite transatlantique, terrible, a semé ces rythmes aux Amériques où ils se sont mêlés au blues, à la samba, au jazz, au hip-hop…
Quelques chiffres frappants :
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12 à 15 millions d’Africains déportés vers les Amériques entre le 16e et le 19e siècle (UNESCO).
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Plus de 60% des styles populaires cubains (rumba, son, guaguancó...) reposent sur des patterns afro-yoruba ou mandingues d’après Raul Fernandez (Oxford Music Online).
Au fil des siècles, chaque île, chaque ville, chaque ghetto s’est construit son propre langage rythmique, mais la logique de l’appel-réponse, du pattern récurrent, du “battement collectif” persiste partout.
Même le hip-hop new-yorkais doit un clin d’œil au “break” issu des percussions ouest-africaines : le sample du morceau "Funky Drummer" (James Brown encore lui, sample le batteur Clyde Stubblefield) a été découpé et réutilisé dans des centaines de morceaux actuels, de Public Enemy à Kanye West.