Scènes urbaines, croisements, métissages
Dans les grandes villes — Lagos, Abidjan, Accra, Dakar — il se passe toujours quelque chose. C’est là que le highlife ghanéen, servi par des guitares jouées au médiator (“picking”), croise la rumba congolaise ramenée via les disques par des marins dans les années 40.
Au Nigeria, c’est la révolution afrobeat portée par le saxophoniste Fela Kuti, qui mêle puissance politique, groove hypnotique, choeurs féminins, cuivres punchy. Dès 1974, il vend des centaines de milliers d’albums et fait tourner son orchestre au Shrine de Lagos (source : The Guardian – Afrobeat, the legacy).
Le mbalax, style inventé au Sénégal, va infuser le funk, le jazz, la pop grâce à Youssou N’Dour et Cheikh Lô. Leur son, c’est le battement du sabar, des lignes de basses qui zigzaguent, et une voix perchée qui bondit comme dans “Set” ou “Fagaru” (“C’est possible”).
Plus récemment, Lagos a vu émerger l’afrobeats (avec un "s" cette fois), un cocktail d’azonto (danse ghanéenne syncopée), de coupsé-décalé ivoirien, de rap américain et d’électro londonienne. Wizkid, Burna Boy, Tiwa Savage : leurs refrains se retrouvent aussi bien sur la B.O. de Marvel que dans les playlists de taxis new-yorkais.