Années 1940-50 : la grande bascule, des cafés maures à l’électricité
On glisse alors dans l’âge d’or des cafés maures. Ce sont les clubs populaires de l’époque : quelques tables, du kif et du thé, et surtout, une liberté totale de parole.
Dans ces nuits électriques, les musiciens prennent tout : mawals improvisés (chants d’intro), refrains populaires, rythmes d’Afrique de l’Ouest (via les migrants), instruments bricolés, premiers micros.
C’est aussi l’époque où débarquent l'accordéon et la guitare. Sans eux, pas de raï moderne ! Cheikha Rimitti, figure tutélaire, incarne ce tournant : une voix de roc, un phrasé libre, des rites de fête (écoute “Charrak Gattà”), une façon de “dire le vrai”.
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Fait marquant : Dès 1954, plus de la moitié des chansons diffusées dans les bars d’Oran sont des textes de femmes (source : Le Monde diplomatique, 2011).
Et dès cette époque, on emploie le terme “raï” non pas comme nom de genre, mais comme cri (“Ya Raï !”, “Donne-moi ton avis !”).