Un rapide détour par l’Andalousie médiévale : racines et transmission
Petit rappel, car c’est là que tout commence. La musique andalouse, aussi appelée arabo-andalouse ou al-âla au Maroc, naît entre le IXe et le XVe siècle, dans une Andalousie cosmopolite (Al-Andalus), sous domination omeyyade puis nasride. Dans ces palais, des musiciens juifs, musulmans et parfois chrétiens créent une hybridation entre maqâms orientaux (le système de modes des musiques arabes), rythmiques africaines et chants romantiques des troubadours.
Quand la Reconquista chasse les populations musulmanes et juives d’Espagne, beaucoup s’installent au Maghreb (notamment à Fès, Tlemcen, Alger, Tunis) en emportant les répertoires et les instruments : oud (le luth), qanûn (la cithare à cordes), percussions, flûtes, etc. (Source : Musée de la musique, Paris)
Aujourd’hui, la tradition perdure, surtout au Maroc où l’on compte plus de 800 000 écoutes mensuelles pour la seule légende Nass El Ghiwane sur Spotify (2024). Mais ce patrimoine, ce n’est pas qu’une affaire de puristes ou de concerts patrimoniaux.