Le highlife : un groove qui traverse l’Atlantique et les époques
Le highlife, littéralement “la belle vie”, surgit sur la côte ghanéenne au début du XXe siècle. Sa recette promet déjà un cerveau en fête : la guitare acoustique, héritière de la palm-wine (cette musique du peuple née des comptoirs coloniaux), balance un rythme balancé, presque chaloupé.
Mais petit à petit, les orchestres s’étoffent, s’électrisent : des cuivres, de la batterie importée, des lignes de basse qui font danser jusqu’à l’aube.
Les années 1950, c’est le moment où le highlife explose. Accra, Kumasi, Lagos, Cotonou… partout, des orchestres naissent. Et pas n’importe quels orchestres : de vraies machines à groove, avec jusqu’à quinze musiciens. Certains soirs, ce sont des voix féminines qui creusent la pulsation aux côtés des chanteurs. Le highlife devient la bande-son de l’Afrique de l’Ouest urbaine, jeune, affamée de nouveauté.