Les sonorités modernes : l’héritage du burger highlife aujourd’hui
Mais ce qui donne au burger highlife toute sa force, c’est sa capacité à absorber les sons du temps présent. Dans les années 2000-2010, alors qu’Accra se remplit de studios home-made, une nouvelle vague de producteurs s’inspire autant du passé que des beats planétaires : c’est la rencontre du highlife, de l’afrobeat, du hip-hop américain et des scènes house de Londres.
Afrobeats, Azonto, et l’écho du highlife
Le terme “afrobeats” (à ne pas confondre avec l’afrobeat de Fela Kuti), englobe tout ce son hybride, urbain et digital, qui envahit les clubs de Lagos à Londres. Les star comme FUSE ODG (“Azonto”), R2Bees, ou M.anifest reprennent les riffs typiques du highlife – arpèges de guitare, claviers lumineux, melodies vocales sinusoidales – mais les calquent sur des batteries électroniques et des basses appuyées.
Une polyrythmie – c’est-à-dire plusieurs rythmes qui s’emboîtent en même temps – anime ces morceaux et évoque les racines akan, mais la production moderne lui donne un son “clean”, presque pop internationale. On entend la différence avec les anciens morceaux enregistrés en live dans les salons ou bars !
Les artistes qui bousculent le highlife version 2.0
Aujourd’hui, ce sont autant des fils du pays que les enfants de la diaspora qui tirent les ficelles. Parmi les nouveaux noms, Kwamz & Flava, King Promise, DarkoVibes ou la productrice Gafacci jouent avec la palette highlife mais l’ouvrent au reggaeton, au grime, voire à l’électro pure façon Berlin.
Un exemple parfait : le beat du morceau "Sankofa (Return & Get It)" de Gafacci commence sobre, percussions sèches, puis la guitare glisse par petites touches et ça s’éclaire, comme un matin sur Labadi Beach. On sent le souffle du burger highlife, mais l’accent est 100% du XXIe siècle.